🩺
Définition et repérageUne tachycardie se définit chez l'adulte au repos par une fréquence cardiaque supérieure à 100 battements par minute. Elle peut être physiologique, comme lors d'un effort ou d'un stress, ou pathologique. L'ECG permet de mesurer l'intervalle RR et d'analyser les ondes P et les complexes QRS. Les symptômes évocateurs sont des palpitations, une dyspnée, une douleur thoracique ou une lipothymie. Toute tachycardie mal tolérée impose une prise en charge rapide.
📖 Définition
Tachycardie : fréquence cardiaque supérieure à 100 battements par minute chez l'adulte au repos.
📢 Rappel
Le rythme sinusal normal est commandé par le nœud sinusal, avec une fréquence entre 60 et 100 bpm.
💡 À retenir : Toute fréquence cardiaque supérieure à 100 bpm au repos doit faire rechercher une cause, mais une tachycardie sinusale peut être simplement physiologique.
⚡
Origine et ECGOn classe les tachycardies selon leur origine : sinusale, supraventriculaire (atriale ou jonctionnelle) ou ventriculaire. Un premier tri repose sur la largeur des QRS : des QRS fins (< 120 ms) orientent vers une origine supraventriculaire, tandis que des QRS larges (≥ 120 ms) évoquent une tachycardie ventriculaire ou une TSV avec aberration. La fibrillation atriale est une tachycardie irrégulière à QRS fins sans onde P organisée. La tachycardie ventriculaire est une tachycardie régulière à QRS larges, potentiellement grave.
📖 Définition
Tachycardie supraventriculaire (TSV) : tachycardie prenant naissance au-dessus de la bifurcation du faisceau de His.
🔍 Exemple
Une tachycardie régulière à QRS fins sans onde P visible évoque une tachycardie jonctionnelle par réentrée intranodale.
💡 À retenir : La largeur des QRS est un premier outil d'orientation : QRS fins évoquent une origine supraventriculaire.
🧠
ÉlectrophysiologieTrois mécanismes principaux expliquent les tachycardies : l'automatisme anormal, l'activité déclenchée et la réentrée. L'automatisme anormal correspond à une dépolarisation spontanée accélérée d'un foyer ectopique. L'activité déclenchée est liée à des post-dépolarisations précoces ou tardives survenant après un potentiel d'action. La réentrée, mécanisme le plus fréquent des tachycardies paroxystiques, nécessite un circuit avec deux voies de conduction et un bloc unidirectionnel. Ce circuit permet à l'influx de réexciter un tissu déjà repolarisé, entretenant la tachycardie.
📢 Rappel
Le potentiel d'action cardiaque comprend une dépolarisation rapide (phase 0) puis une repolarisation (phases 1 à 3).
⭐ À retenir
Un circuit de réentrée nécessite un bloc unidirectionnel et une conduction suffisamment lente pour retrouver un tissu excitable.
💡 À retenir : La réentrée est le mécanisme le plus fréquent des tachycardies paroxystiques.
📈
Du symptôme au diagnosticDevant une tachycardie, l'ECG 12 dérivations est l'examen clé, complété par les manœuvres vagales ou l'injection d'adénosine en cas de doute diagnostique. Une fièvre ou une anémie peut expliquer une tachycardie sinusale. Une fibrillation atriale est fréquente chez le sujet âgé et se présente par des palpitations irrégulières. Une tachycardie à QRS larges chez un coronarien doit faire évoquer en priorité une tachycardie ventriculaire. Les signes de mauvaise tolérance (hypotension, douleur thoracique, syncope) imposent une cardioversion urgente.
🔍 Exemple
Un patient de 70 ans avec palpitations irrégulières et ECG montrant des QRS fins sans onde P présente probablement une fibrillation atriale.
⭐ À retenir
Devant une tachycardie à QRS larges chez un patient coronarien, évoquer en priorité une tachycardie ventriculaire.
💡 À retenir : Une tachycardie mal tolérée (hypotension, douleur thoracique, troubles de conscience) impose un traitement urgent.