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Reconnaître et éliminer les cellules anormalesChaque jour, des cellules anormales apparaissent dans notre organisme à la suite de mutations. Le système immunitaire, notamment les lymphocytes T CD8 et les cellules NK, les reconnaît grâce à des antigènes tumoraux présentés par les molécules HLA de classe I. Les cellules dendritiques capturent ces antigènes, migrent vers les ganglions et activent les lymphocytes T spécifiques. Ces lymphocytes T cytotoxiques retournent dans la tumeur et détruisent les cellules cancéreuses par libération de perforine et granzyme. Cette surveillance immunitaire explique pourquoi la plupart des cellules précancéreuses sont éliminées avant de former une tumeur clinique.
📢 Rappel
Les lymphocytes T CD8 reconnaissent un antigène présenté par une molécule HLA de classe I à la surface d'une cellule.
📖 Définition
Un antigène tumoral est une protéine anormale ou surexprimée par une cellule cancéreuse, capable d'activer une réponse immunitaire.
⭐ À retenir
Les cellules NK peuvent lyser une cellule tumorale même en l'absence de présentation antigénique préalable.
💡 À retenir : La surveillance immunitaire élimine quotidiennement des cellules précancéreuses grâce aux lymphocytes T CD8 et aux cellules NK.
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Élimination, équilibre, échappementL'immunoediting décrit la relation dynamique entre la tumeur et le système immunitaire en trois phases. La phase d'élimination correspond à la destruction des cellules tumorales par l'immunité innée et adaptative. Si quelques cellules résistent, une phase d'équilibre s'installe : la tumeur reste latente, contrôlée par les lymphocytes T. Sous la pression de sélection, des variants tumoraux apparaissent, perdent l'expression des molécules HLA-I, sécrètent des cytokines immunosuppressives comme le TGF-β ou expriment PD-L1. C'est la phase d'échappement, qui conduit à une tumeur cliniquement détectable et à un microenvironnement tolérogène.
📖 Définition
L'immunoediting est le processus par lequel le système immunitaire façonne l'évolution de la tumeur, en l'éliminant, en la contrôlant ou en sélectionnant des variants résistants.
🔍 Exemple
De nombreux mélanomes expriment PD-L1 à leur surface, ce qui inactive les lymphocytes T infiltrant la tumeur.
⭐ À retenir
Les trois phases de l'immunoediting sont : élimination, équilibre, échappement.
💡 À retenir : L'échappement tumoral repose sur la sélection de variants capables d'inhiber la réponse immunitaire.
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Inhibiteurs de checkpoints et CAR-T cellsL'immunothérapie vise à restaurer ou amplifier la réponse immunitaire antitumorale. Les inhibiteurs de checkpoints sont des anticorps monoclonaux qui bloquent les freins naturels de l'immunité, comme PD-1, PD-L1 ou CTLA-4. Par exemple, le nivolumab (anti-PD-1) et l'ipilimumab (anti-CTLA-4) ont amélioré la survie dans le mélanome métastatique et le cancer du poumon. Les cellules CAR-T sont des lymphocytes T du patient modifiés génétiquement pour exprimer un récepteur chimérique reconnaissant un antigène tumoral, comme CD19 dans certaines leucémies. Après réinjection, ces cellules détruisent massivement les cellules cancéreuses.
📖 Définition
Un checkpoint immunitaire est une molécule régulatrice qui freine l'activation des lymphocytes T pour éviter l'auto-immunité.
🔍 Exemple
Le pembrolizumab, un anti-PD-1, est utilisé dans le cancer du poumon non à petites cellules avec expression de PD-L1.
⭐ À retenir
Les anticorps anti-PD-1/PD-L1 et anti-CTLA-4 réactivent les lymphocytes T contre la tumeur.
💡 À retenir : Deux grandes stratégies : lever les freins (anti-checkpoints) ou armer les lymphocytes (CAR-T).
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Vers une médecine personnaliséeMalgré leur efficacité, les immunothérapies présentent des limites et des effets secondaires. En levant les freins de l'immunité, elles peuvent déclencher des réactions auto-immunes : colite, thyroïdite, pneumopathie ou dermatite. Certaines tumeurs développent des résistances, par exemple en perdant l'antigène ciblé ou en activant d'autres checkpoints. La réponse au traitement dépend de biomarqueurs comme l'expression de PD-L1 ou la charge mutationnelle de la tumeur. Les recherches actuelles combinent immunothérapies, chimiothérapies et radiothérapies pour améliorer les réponses et personnaliser les traitements.
🔍 Exemple
Une colite inflammatoire peut survenir chez un patient traité par anti-CTLA-4, nécessitant une corticothérapie.
⭐ À retenir
Les effets indésirables des immunothérapies sont principalement d'origine auto-immune.
📖 Définition
Un biomarqueur prédictif est une caractéristique mesurable (ex. expression de PD-L1) qui indique la probabilité de réponse à un traitement.
💡 À retenir : L'immunothérapie nécessite un suivi personnalisé en raison des effets auto-immuns et des résistances.