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Pourquoi évaluer ?L'évaluation nutritionnelle est une démarche systématique visant à identifier les déséquilibres alimentaires et les risques de dénutrition ou de surnutrition. Elle repose sur un faisceau d'arguments cliniques, anthropométriques, biologiques et diététiques. Chez un patient, elle permet de poser un diagnostic nutritionnel précis, indispensable à la mise en place de conseils diététiques personnalisés. Cette évaluation est particulièrement importante chez les sujets à risque : personnes âgées, patients atteints de pathologies chroniques, ou en péri-opératoire.
📖 Définition
Le diagnostic nutritionnel est la conclusion médicale issue de l'évaluation, classant le patient en état nutritionnel normal, dénutrition, ou obésité.
💡 À retenir : L'évaluation nutritionnelle combine plusieurs outils pour dépister précocement les troubles nutritionnels.
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Mesures et indicesL'examen clinique recherche des signes de carence (peau sèche, glossite, œdèmes) et mesure les paramètres anthropométriques : poids, taille, indice de masse corporelle (IMC = poids/taille²), circonférence brachiale et plis cutanés. L'IMC permet de classer le statut pondéral : < 18,5 dénutrition, 18,5-24,9 normal, 25-29,9 surpoids, ≥ 30 obésité. Le tour de taille évalue l'adiposité viscérale, facteur de risque cardiovasculaire si > 94 cm chez l'homme et > 80 cm chez la femme. La perte de poids récente est un indicateur clé de dénutrition.
📢 Rappel
IMC = Poids (kg) / Taille² (m²). Exemple : 70 kg pour 1,75 m → IMC = 70 / (1,75)² = 22,9 kg/m².
⭐ À retenir
Une perte de poids ≥ 5 % en 1 mois ou ≥ 10 % en 6 mois signe une dénutrition sévère.
💡 À retenir : L'IMC et le tour de taille sont les deux mesures anthropométriques de première intention.
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Marqueurs biologiques et enquête alimentaireLes marqueurs biologiques complètent l'évaluation : l'albuminémie (< 30 g/L) et la préalbumine reflètent l'état nutritionnel protéique ; la CRP permet de distinguer une dénutrition d'une inflammation. L'enquête alimentaire (rappel des 24h, carnet alimentaire, questionnaire de fréquence) quantifie les apports en énergie, macro et micronutriments. On compare ces apports aux besoins estimés par les formules de Harris-Benedict ou de Black. Le diagnostic de dénutrition repose sur au moins un critère phénotypique (IMC, perte de poids) et un critère étiologique (carence d'apport, hypercatabolisme).
🔍 Exemple
Un patient avec IMC 17, perte de poids de 6 % en 1 mois et albuminémie 28 g/L présente une dénutrition sévère.
💡 À retenir : L'albuminémie < 30 g/L est un marqueur biologique majeur de dénutrition.
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Recommandations pratiquesLes conseils diététiques visent à corriger les déséquilibres identifiés. Pour un patient dénutri, on recommande une alimentation enrichie (ajout de fromage râpé, poudre de lait, huile) et fractionnée, avec des collations. En cas d'obésité, on privilégie une réduction modérée des apports, le maintien de la masse musculaire et l'activité physique. Le Plan National Nutrition Santé (PNNS) propose des repères : 5 fruits et légumes par jour, 3 produits laitiers, féculents à chaque repas, limiter les produits gras/sucrés/salés. L'accompagnement diététique doit être progressif, réaliste et adapté au mode de vie du patient.
⭐ À retenir
PNNS : au moins 5 fruits et légumes par jour, 3 produits laitiers, féculents à chaque repas, activité physique régulière.
💡 À retenir : Les conseils nutritionnels doivent être personnalisés, réalistes et intégrés au quotidien du patient.