Inflammation chronique : une réponse qui s’installe
L’inflammation aiguë est une réponse rapide et protectrice, mais lorsqu’elle persiste, elle devient chronique. L’inflammation chronique se caractérise par une infiltration de cellules mononucléées : macrophages, lymphocytes et plasmocytes. Elle survient lors d’infections persistantes, de maladies auto-immunes ou d’expositions prolongées à des agents irritants. Contrairement à l’aiguë, elle entraîne souvent une destruction tissulaire et une tentative de réparation simultanée. Un exemple quotidien est la gingivite qui, non traitée, évolue vers une parodontite chronique.
📢 Rappel
L’inflammation aiguë est la première ligne de défense : rougeur, chaleur, douleur, œdème, avec polynucléaires neutrophiles.
📖 Définition
Inflammation chronique : réponse inflammatoire prolongée (semaines à années) où coexistent lésions, inflammation et fibrose.
🔍 Exemple
Une carie non soignée peut entretenir une inflammation chronique de la pulpe dentaire.
💡 À retenir : L’inflammation chronique associe destruction tissulaire et réparation, avec des macrophages au premier plan.
Complète la phrase
Dans l’inflammation chronique, les cellules dominantes sont les , les lymphocytes et les plasmocytes.
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Cellules et messagers
Les acteurs de l’inflammation chronique
Les macrophages dérivent des monocytes sanguins et phagocytent les débris tout en sécrétant des cytokines. Les lymphocytes T orchestrent la réponse immunitaire adaptative et activent les macrophages. Les fibroblastes, stimulés par des facteurs comme le TGF-β, produisent du collagène et de la matrice extracellulaire. Ces interactions cellulaires forment parfois des granulomes, structures organisées autour d’un agent persistant. Dans la polyarthrite rhumatoïde, cette activation chronique détruit le cartilage et fibrose l’articulation.
📖 Définition
Granulome : agrégat organisé de macrophages épithélioïdes et de lymphocytes, témoin d’un agent persistant.
🔍 Exemple
La polyarthrite rhumatoïde illustre l’inflammation chronique articulaire avec destruction et fibrose.
⭐ À retenir
Le TGF-β est le principal facteur de croissance fibrosant : il active les fibroblastes.
💡 À retenir : Le dialogue macrophages–lymphocytes–fibroblastes, via les cytokines, est au cœur de la chronicité.
🩹
Quand la réparation s’emballe
La fibrose : cicatrisation pathologique
La fibrose correspond à un dépôt excessif de matrice extracellulaire, surtout du collagène, par les fibroblastes activés. Elle survient quand l’agression persiste et que la réparation dépasse la régénération normale. Ce tissu fibreux remplace les cellules fonctionnelles et altère l’architecture de l’organe. Par exemple, dans le foie, une hépatite chronique peut évoluer vers une cirrhose, où le foie devient dur et nodulaire. La fibrose est donc une conséquence grave mais souvent silencieuse de l’inflammation chronique.
📖 Définition
Fibrose : accumulation pathologique de collagène et de matrice extracellulaire dans un tissu.
🔍 Exemple
La cirrhose hépatique est une fibrose diffuse du foie après hépatite chronique ou alcool.
⭐ À retenir
Une fibrose avancée est souvent irréversible : mieux vaut traiter l’inflammation avant.
💡 À retenir : La fibrose est une cicatrisation excessive qui remplace le tissu fonctionnel par du collagène.
🩺
Du microscope au patient
Exemples de maladies fibrosantes
En clinique, la fibrose touche de nombreux organes : poumon, foie, rein, cœur, peau. La fibrose pulmonaire idiopathique provoque une dyspnée progressive par épaississement des cloisons alvéolaires. L’asbestose, liée à l’inhalation d’amiante, associe inflammation chronique et fibrose pulmonaire. Au microscope, on observe des bandes de collagène éosinophile et une raréfaction des cellules fonctionnelles. Le diagnostic repose sur l’histoire clinique, l’imagerie et la biopsie avec coloration spéciale du collagène.
🔍 Exemple
L’asbestose : exposition à l’amiante, inflammation chronique puis fibrose pulmonaire.
⭐ À retenir
La biopsie reste l’examen de référence pour confirmer une fibrose et évaluer son étendue.
💡 À retenir : La fibrose est un diagnostic anatomopathologique : le collagène apparaît en bandes éosinophiles au microscope.