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IntroductionLes enzymes sont des protéines catalytiques présentes dans les cellules. Lorsqu'une cellule est lésée (nécrose, inflammation, hypoxie), sa membrane devient perméable et libère son contenu enzymatique dans le sang. Le dosage de l'activité enzymatique plasmatique permet donc de détecter et localiser une atteinte d'organe. Chaque enzyme a une distribution tissulaire plus ou moins spécifique : par exemple, l'ALAT est abondante dans le foie, la CK-MB dans le myocarde. L'augmentation d'une enzyme dans le sérum signe une souffrance cellulaire, mais il faut toujours l'interpréter avec la clinique.
📖 Définition
Enzyme : protéine qui accélère une réaction chimique sans être consommée.
🔍 Exemple
L'ALAT (alanine aminotransférase) est surtout hépatique ; son élévation oriente vers le foie.
⭐ À retenir
Le dosage enzymatique est un outil de dépistage et de suivi, pas un diagnostic isolé.
💡 À retenir : Une enzyme élevée dans le sang = une lyse cellulaire quelque part.
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Infarctus du myocardeEn cas de douleur thoracique, on dose les marqueurs cardiaques. La myoglobine s'élève très tôt (1-3 h) mais manque de spécificité. La CK-MB est plus spécifique du muscle cardiaque, avec un pic vers 12-24 h. La troponine I ou T est aujourd'hui le marqueur de référence : très spécifique du myocarde, elle s'élève en 4-6 h et reste élevée 7-10 jours. On réalise des dosages répétés (à H0, H3, H6) pour suivre la cinétique. Une troponine élevée au-delà du seuil signe une nécrose myocardique.
⭐ À retenir
La troponine cardiaque est le marqueur le plus spécifique et le plus utilisé en cardiologie.
📢 Rappel
Les isoenzymes sont des formes différentes d'une même enzyme, spécifiques d'un tissu (ex : CK-MB pour le cœur).
🔍 Exemple
Un patient avec douleur thoracique et troponine élevée à H3 est très évocateur d'infarctus.
💡 À retenir : La troponine est le gold standard du diagnostic d'infarctus.
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Foie et pancréasLe foie libère des transaminases : ALAT (spécifique du foie) et ASAT (foie, cœur, muscle). Une cytolyse hépatique se traduit par une élévation des transaminases, souvent > 10 fois la normale dans les hépatites virales. La cholestase (obstacle biliaire) augmente les phosphatases alcalines (PAL) et la gamma-GT. Pour le pancréas, l'amylase et surtout la lipase sont les marqueurs de pancréatite aiguë : la lipase est plus spécifique et reste élevée plus longtemps. Le rapport ASAT/ALAT peut orienter : > 2 évoque une origine alcoolique.
📖 Définition
Cytolyse : destruction des cellules hépatiques ; cholestase : diminution ou arrêt de la sécrétion biliaire.
🔍 Exemple
Une hépatite virale aiguë peut donner des ALAT à 500 UI/L (norme < 40).
⭐ À retenir
Toujours interpréter les enzymes hépatiques en fonction du tableau clinique et du rapport ASAT/ALAT.
💡 À retenir : ALAT pour le foie, lipase pour le pancréas, PAL/gamma-GT pour la cholestase.
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Lecture critiqueL'interprétation d'un dosage enzymatique doit tenir compte de la demi-vie de l'enzyme, de sa spécificité tissulaire et des valeurs de référence. Une enzyme à demi-vie courte (myoglobine) revient vite à la normale, une enzyme à demi-vie longue (LDH) reste élevée plusieurs jours. La spécificité diagnostique se calcule par le rapport vrais positifs / (vrais positifs + faux positifs). Des faux positifs existent : effort musculaire intense augmente la CK, hémolyse du prélèvement augmente la LDH. Il faut donc toujours corréler le dosage à la clinique et répéter les prélèvements si besoin.
📖 Définition
Demi-vie : temps nécessaire pour que la concentration plasmatique d'une enzyme diminue de moitié.
🔍 Exemple
Une LDH élevée peut provenir d'une hémolyse du tube de prélèvement, pas d'une pathologie.
⭐ À retenir
Toujours vérifier les conditions préanalytiques (hémolyse, effort) avant d'interpréter un dosage.
💡 À retenir : Un marqueur biologique n'est jamais parfait : sensibilité et spécificité sont toujours à évaluer.