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Introduction et dérivationsL'électrocardiogramme (ECG) enregistre l'activité électrique du cœur grâce à des électrodes placées sur la peau. Un ECG standard comporte 12 dérivations : 6 dérivations périphériques (D1, D2, D3, aVR, aVL, aVF) qui explorent le plan frontal, et 6 dérivations précordiales (V1 à V6) qui explorent le plan horizontal. Chaque dérivation donne une vue différente du même phénomène électrique cardiaque. La lecture combinée de ces 12 dérivations permet de localiser précisément une anomalie. En pratique clinique, on place 10 électrodes sur le patient (4 aux membres et 6 sur le thorax) pour obtenir ces 12 dérivations.
📖 Définition
Une dérivation ECG est une « vue » électrique du cœur obtenue entre deux électrodes (ou une électrode et une référence) ; elle enregistre la différence de potentiel au cours du temps.
📢 Rappel
Le cœur possède un système de conduction électrique : nœud sinusal, nœud auriculo-ventriculaire, faisceau de His et réseau de Purkinje. L'ECG reflète l'activation de ce système.
💡 À retenir : Un ECG standard enregistre 12 dérivations permettant d'explorer l'activité électrique cardiaque dans les plans frontal et horizontal.
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Morphologie et significationL'onde P est une petite déflexion positive qui traduit la dépolarisation des oreillettes (contraction auriculaire). Le complexe QRS, plus ample et rapide, correspond à la dépolarisation des ventricules (contraction ventriculaire) ; il est composé d'une onde Q (négative initiale), d'une onde R (positive) et d'une onde S (négative terminale). L'onde T, plus large et asymétrique, représente la repolarisation des ventricules (retour à l'état de repos électrique). Entre ces ondes, on observe des segments isoélectriques (ligne de base) comme le segment PR et le segment ST. La forme et la durée de chaque onde sont des indicateurs clés de la santé cardiaque.
🔍 Exemple
On peut comparer la dépolarisation à une vague de contraction qui se propage : l'onde P est la vague auriculaire, le QRS la grande vague ventriculaire, et l'onde T le reflux de cette vague.
⭐ À retenir
Toute onde P doit être suivie d'un QRS ; un QRS sans onde P précédente évoque un rythme non sinusal (ex. extrasystole ventriculaire).
💡 À retenir : L'onde P traduit la dépolarisation des oreillettes, le complexe QRS celle des ventricules, et l'onde T la repolarisation ventriculaire.
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Mesures clés sur le tracéL'intervalle PR se mesure du début de l'onde P au début du complexe QRS ; il reflète le temps de conduction auriculo-ventriculaire et sa durée normale est de 120 à 200 ms (3 à 5 petits carreaux). L'intervalle QT s'étend du début du QRS à la fin de l'onde T ; il varie avec la fréquence cardiaque, d'où l'utilisation du QT corrigé (QTc) dont la normale est < 440 ms chez l'homme et < 460 ms chez la femme. Le segment ST, entre la fin du QRS et le début de l'onde T, doit être isoélectrique (au même niveau que la ligne de base) ; un sus- ou sous-décalage évoque une ischémie ou une lésion. Ces mesures se font sur un ECG calibré à 25 mm/s (1 petit carreau = 0,04 s).
⭐ À retenir
Sur un ECG standard (25 mm/s, 10 mm/mV) : 1 petit carreau horizontal = 0,04 s, 1 grand carreau = 0,2 s ; 1 petit carreau vertical = 0,1 mV.
📢 Rappel
La fréquence cardiaque se calcule en divisant 300 par le nombre de grands carreaux entre deux ondes R consécutives.
💡 À retenir : L'intervalle PR normal est compris entre 120 et 200 ms ; un allongement évoque un bloc auriculo-ventriculaire.
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Valeurs normales et piègesUne lecture structurée suit toujours le même ordre : rythme (sinusal ou non), fréquence (60 à 100 bpm au repos), axe (normal entre -30° et +90°), analyse des ondes P, QRS et T, puis mesure des intervalles PR et QT. Un ECG normal montre un rythme sinusal régulier, des ondes P positives en D2, un QRS < 120 ms, un PR entre 120 et 200 ms et un QTc normal. Certaines variantes physiologiques existent : bradycardie sinusale chez le sportif, onde T négative en V1 chez la femme jeune. La comparaison avec un ECG antérieur est toujours utile.
🔍 Exemple
Un athlète entraîné peut avoir une fréquence cardiaque à 45 bpm au repos : c'est une bradycardie sinusale physiologique, sans gravité.
⭐ À retenir
Un ECG normal n'exclut pas une cardiopathie (ex. angor instable) ; l'interprétation doit toujours être corrélée à la clinique.
💡 À retenir : Une lecture structurée (rythme, fréquence, axe, ondes, intervalles) permet d'identifier un ECG normal et de repérer les anomalies.