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Les bases avant de repérer l'anormalAvant de reconnaître une complication, il faut savoir à quoi ressemble une cicatrisation normale. Une plaie suturée évolue en quatre phases : hémostase, inflammation, prolifération puis remodelage. Dans les premiers jours, une rougeur modérée et un léger œdème sont physiologiques. Après 48 à 72 heures, la douleur doit diminuer et la plaie doit rester propre, rosée, avec des berges bien affrontées. Toute modification brutale de cet aspect doit alerter.
📢 Rappel
La cicatrisation passe par 4 phases : hémostase, inflammation (0-4 j), prolifération (4-21 j), remodelage (21 j à 1 an).
⭐ À retenir
Une rougeur extensive, une chaleur locale, un écoulement purulent ou une douleur croissante après J3 sont des signes d'alerte.
💡 À retenir : Une cicatrice normale est rosée, propre, non douloureuse à la palpation après 48-72 heures.
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Quand la plaie se rouvreLa désunion correspond à une séparation secondaire des berges d'une plaie suturée, partielle ou totale. Elle survient le plus souvent entre J2 et J10, parfois au moment de l'ablation des fils. À l'inspection, on observe un écartement des berges, avec un fond de plaie visible, rosé ou recouvert de fibrine. Un écoulement séreux, séro-sanglant ou citrin peut imbiber le pansement. La palpation retrouve une dépression cutanée et parfois une issue de liquide à la pression douce.
📖 Définition
Désunion : perte de continuité d'une plaie suturée par séparation secondaire de ses berges.
🔍 Exemple
Un patient opéré d'une laparotomie qui constate un écoulement clair sur son pansement à J5 présente probablement une désunion.
⭐ À retenir
Toute désunion doit faire rechercher une infection sous-jacente ou une tension excessive sur la suture.
💡 À retenir : La désunion se reconnaît à l'écartement des berges, souvent indolore, avec issue de liquide séreux ou hématique.
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Quand le tissu meurtLa nécrose est la mort tissulaire localisée, le plus souvent d'origine ischémique, au niveau des berges ou du fond de la plaie. Elle se manifeste par une zone de couleur noire, brune ou violacée, bien délimitée, froide et insensible au toucher. On distingue la nécrose sèche, cartonnée, sans écoulement, de la nécrose humide, molle, suintante, parfois malodorante. L'absence de saignement à la scarification ou à la piqûre confirme la non-viabilité du tissu. La nécrose peut s'étendre et se surinfecter, majorant le risque de désunion.
📖 Définition
Nécrose : mort cellulaire et tissulaire in situ, irréversible, liée à une ischémie prolongée.
🔍 Exemple
Après une suture sous tension, les berges deviennent bleues puis noires : c'est une nécrose ischémique.
⭐ À retenir
La nécrose n'est pas toujours infectée au départ, mais elle expose au risque de surinfection.
💡 À retenir : Une zone noire, froide et insensible en regard d'une plaie est une nécrose jusqu'à preuve du contraire.
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Synthèse et orientationDésunion et nécrose sont deux complications distinctes mais souvent intriquées : une désunion expose les berges à la dessiccation et peut évoluer vers une nécrose secondaire. L'examen sémiologique doit être systématique : inspection de la couleur, de l'écartement, de l'écoulement, palpation de la chaleur, de l'induration et de la sensibilité. Il faut rechercher des signes infectieux associés : pus, fièvre, lymphangite, adénopathie. Toute nécrose extensive, toute désunion complète ou tout signe infectieux impose un avis chirurgical rapide.
⭐ À retenir
Toujours évaluer la viabilité des berges et la présence de signes infectieux avant de qualifier une complication de cicatrisation.
🔍 Exemple
Une plaie désunie dont les berges deviennent noires en 24 h signe une souffrance ischémique surajoutée.
💡 À retenir : Désunion et nécrose peuvent coexister : une désunion expose les berges à la dessiccation et à la nécrose secondaire.